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Interview du créateur

Bonjour Sylvain, parle-nous un peu de toi pour commencer. J'ai 31 ans et je vis à Paris. Je suis originaire de Grenoble où j'ai vécu jusqu'à mes 20 ans. J'ai vécu à Nice pour mes études puis pour de plus courtes périodes à Toronto, Shanghai et Rome. J'ai ensuite posé mes valises à Milan pendant 2 ans et suis revenu à Paris où je vis toujours actuellement.

Pourquoi Les Belles Heures, ça vient d'où ? 
Je me suis beaucoup nourri des différentes atmosphères que j'ai pu rencontrer au gré de mes voyages en ayant toujours l'intuition que je m'en resservirai un jour sans pour autant savoir sous quelle forme. Lorsque le projet de créer une marque est devenu vraiment concret, j'ai tout de suite su que je voulais raconter une histoire de lieux et d'atmosphères. C'est comme ça que ça a commencé.
Quels sont les lieux qui t'ont particulièrement inspirés ?
L'Italie, pour l'influence qu'elle a eu sur le développement de ma sensibilité à la couleur. Los Angeles, pour le relâchement que j'ai découvert là-bas, typique de l'environnement californien et qu'on retrouve notamment chez certains artistes contemporains comme Ed Ruscha et dans le côté laid back du hip hop de la côte ouest. Paris, la Corse, le Portugal, le Maroc, la liste est longue et elle emprunte autant aux impressions qu'aux odeurs, aux couleurs ou aux textures typiques de ces lieux.
Y a-t-il des personnages en particulier qui t’inspirent à travers leur image ou leur travail ?  
J'admire l'élégance naturelle, nonchalante, presque animale que certaines personnes dégagent, que ce soit Gianni Agnelli, Orson Welles ou quelqu'un croisé dans la rue. Ce qui est génial c'est que tout le monde peut accéder à ça. C'est une histoire d'aisance plus que de manière de se vêtir. Si l'on est à l'aise, détendu, alors on dégage quelque chose de fort, du charisme. C'est une erreur de penser qu'il n'y aurait que quelques élus. 
Sur le travail, j'admire les précurseurs, les défricheurs et ceux qui rendent le beau simple et accessible. Josef Albers, Paul Klee, Mark Rothko m'inspirent par leur travail des couleurs, mais  c'est aussi le cas de Saul Leiter, Bernard Plossu ou Claude Nori en photo. Erri de Luca, par son écriture d'une sublime simplicité, illustre pour moi le parfait équilibre entre frugalité et sophistication qui m'inspire au quotidien.
Tes foulards sont tissés en Italie et l'ensemble de La Collection N°1 tourne autour de ce pays. Peux-tu nous décrire le rapport particulier que tu entretiens avec cet endroit ?
J'ai toujours eu des affinités avec l'Italie. Grenoble est une ville très italienne où j'ai été exposé très tôt à cette culture. J'ai vécu à Rome, puis à Milan. Je parle couramment la langue et ai développé une sensibilité esthétique particulière la-bas. L'Italie possède une tradition textile séculaire. Il me semblait tout naturel de sourcer une partie de ma fabrication en Italie. 
Pourquoi avoir choisi de travailler le foulard ?
Le foulard est l'une des pièces les plus nonchalantes et versatiles de nos vestiaires. Evidemment chic, souvent connotée d'une forme d'élégance bourgeoise guindée, elle est à la fois une pièce de travail utilisée par les ouvriers et les paysans du début du siècle et véhicule en cela un certain esprit canaille très français. La rencontre du chic et de la décontraction, du relâchement et de l'élégance, voilà ce qui constitue l'ADN de la Maison. Il nous a paru naturel de travailler le foulard pour La Collection N°1.
A qui doit-on les créations ?
J'imagine les créations à partir de mes inspirations du moment. Je n'ai pas de méthode rigide que je suivrai à la lettre. Je travaille dans le sens du thème général de la collection mais ensuite les idées peuvent venir d'une couleur aperçue dans la rue, d'une association de texture, d'un vêtement, d'un tableau ou d'un livre. On parle ici plus d'impressions que j'essaye de retranscrire sur le tissu plutôt que d'inspirations concrètes. L'idée est de s'amuser et de ne pas trop intellectualiser la chose, ce qui est loin d'être évident.
Point important, tes foulards s'adressent-ils aux hommes ou aux femmes ?
J'aime l'idée d'un vestiaire de basiques dans lequel tout le monde, hommes comme femmes, viennent piocher. C'est évidemment plus facile pour les femmes de venir se servir chez les hommes mais surtout, cela leur va si bien. Quoi de plus féminin qu'une fille dans des vêtements d'homme ? Donc, je dirai en résumé que nos foulards sont conçus et imaginés pour que nos copines nous les piquent ! 
On adore ! J'ai tellement d'amies qui le feront !
On en serait très fiers, ce serait un très joli cadeau que de pouvoir séduire aussi les filles.
Je te remercie en tous cas pour toutes ces précisions, on a hâte de connaitre la suite.
C'est moi qui te remercie de t'intéresser à nous, l'aventure ne fait que commencer.
Propos recueillis par Viola Marella Bisiach
Vogue Italia – L’Uomo Vogue