La figure de style de Marcello Mastroianni


LE CHARME DISCRET DE L'ITALIE

Retour sur le flegme méditerranéen légendaire incarné par la figure de style de Marcello Mastroianni

Marcello Mastroianni in La Dolce Vita by Federico Fellini | Les Belles Heures

Rome, 1960. Anita Ekberg, irréelle sous la caméra de Fellini, invite un Marcello Mastroianni interdit à se joindre à elle dans les remous de la Fontana di Trevi au coeur d'une ville déserte. Le playboy italien se décide alors, retire ses souliers et, comme hypnotisé, rejoint Silvia dans les eaux de la fontaine romaine. 

Son élégance naturelle crève l’écran.

Tout le flair de l’acteur romain pourrait se résumer dans cette séquence devenue culte tant par l’oeuvre à laquelle elle est rattachée que par l’insolence dont elle fait preuve et qui lui vaudra d'essuyer l'indignation de l'aristocratie locale et du Saint-Siège. 

Il n'est vêtu que d'un simple complet noir, d'une chemise blanche et d'une fine cravate et pourtant, il irradie d'aisance et de sensualité et n'a aucun mal à donner le change à une Anita Ekberg sublime dans sa longue robe fourreau noire, crinière blonde jetée en arrière.

C’est un tournant dans la carrière de l'acteur qui deviendra, grâce à ce rôle, une vedette internationale et le prototype du séducteur méditerranéen, titre dont il se défendra tout au long de sa vie.

Il est pourtant l'incarnation absolue de ce charme latin fait d'aisance et de désinvolture. L'illustration-même de cette perfection sartoriale italienne d’une nonchalance folle. L'expression juste de ce chic naturel et innocent en toutes circonstances, des tapis rouges des festivals aux sorties en mer improvisées. 

Marcello Mastroianni and Catherine Deneuve | Les Belles Heures

Ses vêtements sont plutôt simples, loin de l’extravagance de certains de ses compatriotes. Il ne porte que rarement de la couleur, apporte parfois un peu de texture à ses mises via du denim ou une veste à carreaux mais préfère la plupart du temps des noirs, des blancs ou des beiges.

Un léger foulard vient parfois réhausser un costume ou une tenue de plage. 

Au-delà de ce qu'il porte, tout est ici question d'attitude. Cette manière de tenir ses mains, ce port de tête, ce regard profond et bienveillant, cette démarche assurée mais discrète, tout en lui évoque la sérénité nonchalante de ceux qui savent. Ceux qui savent qui ils sont et ce qu'ils veulent exprimer. Ceux qui assument leurs choix, par dessus tout. 

Marcello Mastroianni | Les Belles Heures

C'est cette attitude qui lui permettra de magnifier le port du costume croisé au coeur des années 60 et d'en faire l'une de ses signatures. Elle encore qui le voit porter le costume sur un polo deux boutons ou associer le plus traditionnel des smokings à des mocassins afin de jouer le parfait équilibre entre formalisme et relâchement. Elle, enfin, qui le verra tout au long de sa vie ne porter que les pièces les plus basiques du vestiaire masculin avec une flamboyance remarquable.

Le style, réduit à sa plus simple expression, d'un charme fou, insensé, intemporel.

Voilà ce qu'était Marcello et ce qu'il restera toujours, car les icônes ne meurent jamais.

Les Belles Heures, c’est une collection de 9 foulards tissés en Italie puis finis à la main en France à porter avec nonchalance pour, comme Marcello, cultiver une flamboyance discrète.


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