La figure de style de John Fitzgerald Kennedy


L'esthétique preppy au service d'un relâchement maitrisé

Retour sur l'iconique figure de style de John Fitzgerald Kennedy

John Fitzgerald Kennedy and Peter Lawford on Manitou in Johns Island, Maine 1962 | Les Belles Heures

Une paire de wayfarer, un blouson aviateur, un crew neck gris sur un chino crème, des chaussettes bleues, des tennis blanches. En ce mois d’août 1962, le 35ème président des États-Unis d’Amérique navigue tranquillement avec son beau-frère et néanmoins ami Peter Lawford, star de cinéma et membre du rat pack dans les eaux de Johns Island, Maine. Il affiche un style d’un cool absolu.

Investi le 20 janvier 1961, John Fitzgerald Kennedy est en cet été 1962 au coeur d’un mandat lors duquel, en moins de 3 ans, il deviendra l’un des président des États-Unis les plus populaires de l’histoire grâce à un charisme fou et une parfaite maîtrise de son image.

Plus jeune président de l’histoire à seulement 43 ans, ce fils de la grande bourgeoisie catholique de Boston comprend très vite comment utiliser les médias pour gagner des élections. Il multiplie les apparitions dans la presse, à la radio et à la télévision et ne prête guère attention à séduire l’état-major du parti démocrate comme le voudrait l’usage. Il s’affiche en family man serein, détendu et confiant au bras de Jacqueline Lee Bouvier avec qui il forme l’un des couples les plus glamour du moment depuis leur mariage en 1953.

1960. C’est un Kennedy affable et parfaitement à l’aise que l’on retrouve face à un Nixon agressif et revêche lors du premier débat télévisé de l’histoire présidentielle américaine. En pleine guerre froide, dans une Amérique engagée au Vietnam et aux prises avec une ségrégation raciale toujours vive, le style Kennedy séduit et rassure.

Son élection, qui transformera à jamais la politique américaine, il la doit à un storytelling parfait qui lui aura permis de créer empathie et proximité avec ses électeurs mais également à un style fait de nonchalance et de décontraction, d’élégance naturelle et de cool détaché qu’il exprimera tant par ses mises que par ses attitudes. 50 ans avant Barack Obama.

John Fitzgerald Kennedy | Les Belles Heures

Le style Kennedy, c’est l’esthétique preppy modernisée. Nommé ainsi en référence aux “preparatory classes” requises pour accéder aux prestigieuses universités de l'Ivy League, il s’inspire des vêtements de sport de l’élite sociale du nord-est des Etats-Unis et emprunte autant aux uniformes universitaires qu’aux tenues de voile, de tennis ou d’aviron. Le vêtement y est utilitaire et confortable.

Dans les mains de Kennedy, il se mue en véritable outil de communication. On en choisit les différentes pièces aussi soigneusement que les mots d’un discours. Déterminé en chef d’état dans ses costumes sur-mesure de chez Brooks Brothers, père de famille rassurant en chino sur Manitou, le yacht présidentiel, ou lisant le journal en cardigan dans sa propriété des Hamptons, il récite avec précision un alphabet preppy qu’il maitrise sur le bout des doigts. A travers des pièces basiques d’une ultime simplicité déclinées dans des gris, des blancs, des beiges et des bleus, il incarne le summum de l’understatement et gagne même, grâce à l’apparente simplicité de ses mises, le coeur des classes populaires.

On touche ici au coeur du style Kennedy.

John Fitzgerald Kennedy in the Hamptons | Les Belles Heures

Cet homme-là maitrise l’étiquette à la perfection, véritable élément de langage qu'il utilisera tout au long de son ascension politique fulgurante afin de susciter sympathie, proximité et fascination à la fois. Il aura su séduire tour à tour le show business via son amitié avec Frank Sinatra, la mafia qui aura soutenu son investiture et financé sa campagne via sa proximité avec San Giancana, boss de la pègre de Chicago, les minorités ethniques qui auront voté pour lui à une écrasante majorité et les médias qui auront scruté le moindre de ses déplacements avec avidité. Il aura su préserver une image de père de famille malgré ses nombreuses aventures et aura été, brièvement, l’amant de Marylin Monroe.
Il restera dans l’imaginaire collectif comme l’illustration parfaite d’un style chic et maitrisé.

Comme quoi, rien ne sert d’en faire trop pour marquer les esprits.

 

Les Belles Heures, c’est une collection de 9 foulards tissés en Italie puis finis à la main en France à porter avec décontraction et relâchement pour, comme “Jack”, marquer les esprits.


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