Effortless chic à Capri


Décontraction méditerranéenne en baie de Naples

Sea view from Capri | Les Belles Heures

Capri est un mythe. Maintes fois rebattu.

Repaire des grands de ce monde et refuge des Sirènes, ce rocher planté en baie de Naples et duquel on aperçoit, par temps clair, la silhouette alanguie du Vésuve tout proche ne cesse de fasciner.

Ce qui frappe lorsque l’on pose le pied sur le quai de Marina Grande, ce sont d’abord ces falaises vertigineusement escarpées qui dominent le port de pêcheurs aux anneaux duquel sont attachées de modestes barques de bois aux noms locaux. Ici, point de yachts rutilants, ou si peu. La taille du port, deux fois plus petit que celui de Saint-Tropez, invite à la mesure. Un ferry fait la liaison depuis Naples plusieurs fois par jour en haute saison. Une petite heure suffit pour traverser la baie. Et accoster sur l'île. Il s'agit ensuite de monter dans un des taxis les plus chics du monde - tous cabriolets depuis un arrêté préfectoral de 1996 - pour arriver en ville après une périlleuse balade à flanc de falaise. 

Aerial view of Capri | Les Belles Heures

En premier lieu, il faut comprendre Capri. Sa topographie, sa végétation, ses eaux, sa quasi-absence de plages, ses illustres personnages, fameux ou non, ayant un jour ouvert les vannes de leur totale extravagance sur ce morceau d’Italie à quelques kilomètres des terres. A 23 milles nautiques de Naples, la distance est en effet parfaite pour se sentir reclus, isolé et protégé de la frénésie de la côte que l'on distingue pourtant clairement.  

C’est sûrement ce sentiment - et parfois l’impérieuse nécessité de la fuite - qui poussa tant de ces illustres figures à fréquenter l’île. Jean Cocteau, André Gide, Oscar Wilde, Pablo Picasso, la liste est longue et convoque les plus grands artistes et intellectuels de notre temps. Grande séductrice, Capri accroche également à son tableau de chasse la fine fleur des capitaines d’industrie, les têtes couronnées et les vedettes. De Frank Sinatra à Gianni Agnelli en passant par Rita Hayworth, Orson Welles, Valentino, le roi Farouk d’Egypte, Jackie Kennedy ou Aristote Onassis, tous en ont fait l’une de leur destination de villégiature favorite.

Jackie Kennedy, Gianni Agnelli and Valentino Garavani in Capri | Les Belles Heures

Terre d’exil, elle fut également synonyme de luxure et de plaisirs décadents pour une certaine élite intellectuelle dès la fin du XIXème siècle. Poètes, aristocrates et dandys venus de toute l'Europe formèrent à cette époque une joyeuse bande aux moeurs légères. Parmi eux, Lord Alfred Douglas, poète anglais amant d’Oscar Wilde, Friedrich Krupp, industriel allemand océanographe à ses heures ou encore Jacques d'Adelswärd-Fersen, romancier fondateur de la première revue homosexuelle française en 1909. Ils ont, par leur extravagance et leurs excès, écrit la légende de Capri. Leurs villas trônent toujours fièrement sur les promontoires rocheux de l’île et la via Krupp, bien que fermée depuis des années à cause des risques d’éboulement de la roche calcaire dans laquelle elle a été creusée, reste un symbole vivace de ce passé révolu et inaccessible que l’on observe de loin, avec fascination et crainte. 

Villa Lysis, Capri | Les Belles Heures

Puissante source d'inspiration pour de nombreux artistes, c'est Jean-Luc Godard qui en exprimera l'atmosphère avec le plus d'éclat. En 1963, il décide d'y placer l'intrigue du Mépris, qui voit un Michel Piccoli erratique tenter vainement de lutter contre l’incandescence volatile d’une Bardot au sommet de son art. Le film est mythique, et puise largement dans la pureté époustouflante des paysages du sud de l'île pour évoquer cet absolu qui échappe aux deux amants. Depuis la Villa Malaparte et sa terrasse surplombant la mer, l'horizon est infini et le soleil écrasant. L'atmosphère intense, saturée. Ivres de la beauté qui les entoure et des sentiments qui les assaillent, les deux amants vont exploser en vol.

Brigitte Bardot in Le Mépris by Jean-Luc Godart | Les Belles Heures

Car Capri fascine, inspire, aimante. Sa beauté, brute et sauvage, est absolue. Baignée d’eaux cristallines, elle n’en est pas moins qu’un gigantesque rocher au milieu de nulle part. Partout ses falaises plongent à pic dans la mer et les surfaces planes propices à la construction y sont rares. La plupart de ses établissements balnéaires aux transats colorés sont nichés dans des criques aménagées sur les rochers. On y accède par des sentiers escarpés, ou par la mer.

Lido, Capri | Les Belles Heures

C’est en toute fin de journée, alors que le soleil descend lentement sur les faraglioni et que les derniers touristes reprennent le bateau qui les ramènera à terre que l’atmosphère de l’île se dévoile à ceux qui y prêtent attention. La Piazzetta s’anime alors, les bars se remplissent et la faune des résidents du soir vient goûter à ce qui fait réellement Capri. La douce épaisseur de ses nuits, cette lumière jaune dans les ruelles aux larges pavés. Ce parfum de bout du monde, indescriptible.

Capri | 20h08 est notre libre interprétation de cette atmosphère si particulière. Tout tient dans ce vert amande inspiré des scogliere cristallines de l'île et de sa végétation méditerranéenne foisonnante, hommage au chic nonchalant de ceux qui la fréquentent.
Les Belles Heures, c’est une collection de 9 foulards tissés en Italie puis finis à la main en France à porter partout avec élégance et relâchement.


1 comment


  • Anna

    Une envie d’ailleurs cet article.
    Suis impressionnée.
    Et j’ai surtout envie d’y aller – bien accessoirisée!


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